Vieillissement : réfléchir les questions de territoires

Le colloque organisé le 6 avril dernier par l’ITEV, en partenariat avec le Conseil Départemental de l’Hérault et le REIACTIS*,  a permis un partage d’expertises propice à envisager le vieillissement de la population dans un contexte élargi.

Le vieillissement de la population induit en effet des conséquences sociodémographiques majeures et pose la question essentielle de l’aménagement du territoire. Un questionnement qui implique une vision transdisciplinaire de spécialistes réunis à l’occasion de cette journée : démographe, sociologues géographe de la santé, urbaniste, architecte, élus, acteurs publics et acteurs de la société civile.

Les quelques 150 auditeurs du colloque, décideurs et acteurs intervenant dans le domaine de la prévention et du vieillissement, ont ainsi pu échanger autour des multiples stratégies d’intervention qui impactent la vie des aînés.

Des déterminants multiples

Le « bien vieillir » résulte d’une multiplicité de facteurs individuels, sociaux, économiques et environnementaux, ces derniers affectant de façon notable la qualité du vieillissement. La proximité, la vie sociale, la disponibilité des services ou des transports favorisent grandement le bien-être et la santé des aînés.

De fait, vieillir à domicile, suppose que soit assurée une fluidité entre l’espace public, dont la programmation appartient à l’état et aux collectivités territoriales, l’espace collectif ou partagé, dont l’aménagement appartient aux acteurs de l’habitat, et l’espace privé : le logement.

Pour les collectivités territoriales comme pour les acteurs de terrains (associations, organismes sociaux), les enjeux diffèrent grandement, selon qu’on appartienne à un territoire urbain, semi-rural ou rural.

L’arrivée massive de la génération du baby-boom à l’âge de la retraite amène également les acteurs publics et privés à modifier leur vision et les modèles existants. Notre société doit s’adapter à cette nouvelle donne en imaginant des espaces urbains, des transports, des logements, qui autorisent les personnes âgées à rester dans leur quartier, leur chez « soi » et à demeurer un citoyen actif.

Ce colloque a permis de remettre en question certains a priori : ainsi la volonté des personnes n’est pas tant de demeurer dans leur domicile que de pouvoir vieillir au sein d’un environnement connu. La notion de « chez soi » est donc plus large que le périmètre du domicile : il relève d’un sentiment d’appartenance à un territoire vécu. Demeurer dans son village ou son quartier est une motivation plus forte que celle d’être maintenu à tout prix dans un domicile qui peut s’avérer, avec la perte d’autonomie, tout à fait inadapté. Il s’agit donc, pour les politiques publiques de réfléchir à une programmation urbanistique permettant d’offrir de nouvelles alternatives d’habitat, et aux professionnels de santé et de l’action sociale d’ajuster l’offre de services.

Les nombreuses questions soulevées par le public ont permis d’élargir encore la réflexion : comment agir et interagir avec les personnes handicapées vieillissantes, comment améliorer la coordination des acteurs, quelles citoyenneté et participation des ainés en perte d’autonomie

Un colloque qui trouve écho dans la revue “Retraite et sociétés” publié en mai dernier : Vieillissement et territoires : défis démographiques, enjeux démocratiques qui propose une série de pistes en matière d’aménagement des territoires et de construction d’espaces démocratiques, pour tenter de relever ces nombreux défis auxquels la société doit faire face.

*Réseau d’études international sur l’âge, la Citoyenneté et l’intégration socio-économique

 

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